Quand les banques américaines éduquent leurs clients.

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On pourrait croire que les banques américaines n’ont commencé à s’intéresser à l’éducation financière de leurs clients qu’après la crise des subprimes. 

En expulsant des milliers d’Américains sans le sou de leurs maisons, acquises à crédit en dépit du bon sens, elles ont écorné leur image et plongé le monde dans la crise. En fait, il s’agit d’une préoccupation plus ancienne.

Apparu dès 1997, Teach Children to Save (TCTS) vise à réduire l’inculture financière de la population américaine. Ce programme, créé par l’American Bankers Association (AAA), a touché plus de six millions de jeunes grâce à l’engagement collectif de plus de 134.000 bénévoles issus de la banque.

Citigroup, qui capitalise 172 milliards de dollars, est engagé dans ce programme.

Pour Cece Stewart, President of U.S. Consumer and Commercial Banking chez Citi, les banques doivent permettre aux jeunes d’acquérir les bases financières, avant d’entrer dans la vie active.

 » Teach Children to Save fait partie de notre engagement envers la finance responsable et le progrès des communautés que nous desservons. Tout le monde sait que l’éducation financière représente un apprentissage important, mais qu’elle est rarement transmise au sein de la cellule familiale. Le succès en ce domaine repose sur les effort conjoints des parents, des écoles et du secteur bancaire. » 

Une ONG est aussi présente sur le terrain, mais elle s’adresse directement aux populations les plus pauvres. Crée en 1992, Hope a réussi à atteindre plus de 2 millions de personnes et à canaliser plus de 1,5 milliard de dollars vers des communautés pauvres.

Hope s’appuie sur un nombre croissant de bénévoles, actuellement 20.000 HOPE Corps volunteers, présents dans plus de 300 villes américaines, mais aussi en Afrique du sud, au Maroc et aux Emirats arabes unis. De 2012 à 2013, son budget est passé de 10,8 à 15,2 millions de dollars.

 David Bell, Operation HOPE Youth Empowerment Director of Operations, estime lui aussi que les jeunes doivent être à l’aise avec les questions financières avant l’âge adulte.

 «Grâce à un programme de sensibilisation, nous pouvons motiver les élèves et leur inculquer des habitudes positives dès le plus jeune âge, en formant ainsi une communauté où les adultes seront financièrement avertis tout le long de leur vie.« 

Les cours effectués par des volontaires portent sur la dignité, les bases des services bancaires, le pointage de ses comptes, le potentiel du crédit et un éclairage sur les investissements.

De son côté, le spécialiste des transferts de fonds, Western Union, a mis en place dans certains pays des programmes de formation pour apprendre aux migrants et aux migrantes à épargner. Des outils qui leur permettent de mieux planifier leur budget, de réaliser leurs rêves et de revenir plus vite dans leurs pays d’origine.

Au final, l’éducation financière procure de nombreux effets positifs pour toutes les parties prenantes, notamment pour le système bancaire et plus largement pour l’économie

  • Une réduction de l’exclusion bancaire,
  • Moins de comptes courants en dépassement (gain de temps, instauration d’une relation de confiance),
  • Plus de clients entrepreneurs, sachant utiliser à bon escient le levier de l’endettement,
  • Possibilité de vendre des produits plus complexes ou à plus long terme,
  • Un personnel bancaire plus motivé et mieux valorisé,
  • Un meilleur dialogue entre stakeholders.

Terre de Contenus est convaincu qu’il est de la responsabilité de nombreuses marques d’éduquer leurs clients afin de leur permettre de consommer intelligemment, de vivre de meilleures expériences et de s’ouvrir de nouveaux horizons. En respectant le consommateur et en lui donnant des clés de compréhension, l’entreprise peut s’attacher sa fidélité et compter sur un bouche à oreille positif.